Sur Ataùro, Barry’s Place promeut une consommation responsable. À commencer par l’eau. The Blue Martin l’a découvert en prenant sa douche. Ouvrez les vannes de l’explication.

Deux seaux d’eau pour me mouiller. Savon/shampoing. Cinq seaux pour me rincer.

Chaque matin, le même rituel millimétré. Car rationner l’eau de la douche a un sens particulier dans l’écosystème d’Ataùro (Timor oriental). Cette île tropicale est un paradoxe ambulant. Cernée d’eau salée – l’océan – et « enveloppée » d’eau douce – taux d’hygrométrie de 80% minimum, elle n’en reste pas moins une île privée de sources. L’eau y est une denrée rare et précieuse.

Barry’s Place promeut une consommation d’eau adaptée à l’environnement.

Barry’s Place accueille les volontaires de l’ONG Blue Ventures durant leur séjour. L’écolodge fonctionne selon les principes de la permaculture. Pas de longue définition ici, juste quelques éléments de compréhension : il s’agit d’un mode d’agir qui prend en considération la diversité biologique des écosystèmes. Cela suppose de créer un système économiquement et écologiquement viable, qui répond à ses propres besoins, qui ne surexploite pas les ressources et pollue au minimum, sinon pas, et répond à une vision de long terme. Tout un programme.

La permaculture prend en considération la diversité biologique des écosystèmes.

Concrètement, les eaux usées de la salle de bain et de la cuisine du resto sont réutilisées : Les 7 seaux d’eau de ma douche vont directement dans un bouquet de bananiers. Ces arbres apprécient le nitrogène contenu dans nos savons. Les eaux de cuisine remplissent des réservoirs utilisés pour le jardinage de l’écolodge. Les toilettes sont sèches et les selles des écotouristes apportent aux plantes de l’engrais. Et ça marche !

Les coraux sont gagnants, et l’homme in fine.

Les écosystèmes naturels locaux n’en demandent pas tant. Les coraux détestent la pollution, la sédimentation apportée notamment par les eaux usées, ainsi que l’eau douce. Rationner notre eau assure la survie des récifs, situés à quelques dizaines de mètres de la plage et de Barry’s Place.

La douche indonésienne, une métaphore de l’économie en ressources.

Il ne s’agit pas ici d’en venir à ce système spartiate, plus agréable à adopter dans une chaleur tropicale! Ce qui importe de comprendre, de notre point de vue d’occidentaux, c’est l’intérêt de faire des économies en ressources afin de préserver notre environnement naturel.

Nous ne sommes pas épargnés. Rappelez-vous la crise qu’a traversé l’année dernière la ville du Cap, en Afrique du Sud. Pénurie d’eau et rationnement. Une situation qui va se multiplier dans un futur proche, et dans nos contrées humides. Alors, un détour par Ataùro pour s’y préparer ?

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