Lors de mon expédition Blue Ventures au Timor, j’ai dormi chez l’habitant. Une immersion culturelle bienvenue pour mieux comprendre Ataùro, la vie de la communauté, et les implications pour les habitants du programme de protection des fonds marins de l’ile.

16H30 sonne à l’horloge de Barry’s Place, écolodge et QG de l’ONG Blue Ventures sur l’ile d’Ataùro. Le soleil décline et je décide de rendre visite à ma famille d’accueil, chez laquelle j’ai logé une partie de mon séjour.

Les volontaires de l’expédition logent 3 semaines chez l’habitant, 3 semaines chez Barry’s Place.

Leur maison est située au cœur de Beloi, un village côtier de quelques centaines d’âmes caché dans une forêt de cocotiers, à 5 minutes de Barry’s. Je connais désormais les raccourcis pour rejoindre rapidement leur rue. Cochons et poulets se baladent sous les manguiers et les cocotiers.

Lourdes, la mère de famille, est devant la maison à papoter avec sa voisine Tina. Les gamins courent partout, entre les jardins, la forêt et les routes non goudronnées. Une atmosphère de paisible gaité.

Sur Google Earth, il est difficile de distinguer Beloi de la forêt.

Je salue Estivo, le père de famille, qui sort de la maison avec une machette. Il escalade sans corde un cocotier de son jardin pour décrocher une noix de coco fraiche, qu’il m’offre le sourire aux lèvres. Un accueil digne d’eux, bon et chaleureux.

Nous échangeons nos dernières observations marines. Lui aussi a vu des requins récemment, en bordure du récif alors qu’il pêchait. Mais lorsque je lui parle du requin marteau observé lors d’une plongée d’enquête réalisée avec l’ONG, il semble impressionné. C’est bon signe selon lui, car ces récifs mériteraient davantage de gros prédateurs afin de réguler les populations de poissons. En venant surpêcher dans la région, les flottes chinoises sont responsables de cette pénurie.

Tous les habitants de Beloi sont des pêcheurs, donc attentifs à leur environnement.

Nous communiquons en Tetun, la langue du Timor Oriental, et un peu en anglais. Si je suis capable de parler un rudiment de conversation, c’est grâce aux cours prodigués par Mima, timoraise monitrice de plongée et assistante scientifique de Blue Ventures. Et bien sûr la pratique chaque soir et chaque matin chez Estivo et Lourdes, qui ont eu la patience de me faire progresser. Le fait que le Tetun soit un mix entre les langues indonésienne et portugaise a aidé.

Parler la langue du pays, c’est montrer un intérêt pour sa culture et son histoire.

Blue Ventures réalise coup double avec ce programme d’accueil chez l’habitant : favoriser l’ouverture culturelle des volontaires venus du monde entier et la compréhension de la vie des locaux, et apporter aux communautés locales des revenus alternatifs à la pêche. De ce fait, il est plus aisé de proposer la création d’aires marines localement gérées, dans lesquelles des restrictions de pêche sont mises en place, afin de permettre aux poissons des récifs de reconstituer leurs populations.

Préserver l’environnement passe par le soutien aux hommes.

>> Retrouvez cette famille inspirante en vidéo ici.

En savoir +

Le programme des familles d’accueil de Blue Ventures (en anglais)

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