Rien de tel qu’un petit nettoyage de plage en plein cagnard. Mais pas de fatalité, Blue Ventures entraine ses volontaires dans cette démarche pour faire partie de la solution. Explications.

Gants, sacs poubelles, brouettes et beaucoup de motivation : bienvenue au nettoyage de plage de l’ONG Blue Ventures sur l’ile d’Ataùro, au Timor oriental. Sont présents Laura, instructeur de plongée, Roxane, scientifique de l’équipe, Amos & Mima, encadrants plongée et nous les volontaires. Ça cogne – 35 degrés à l’ombre en ce milieu d’après-midi. La plage nue étend sa pâleur chaleureuse, mais les déchets qui la jonchent viennent gâcher la fête visuelle, et nous donnent du boulot pour l’heure.

La plage souillée d’Ataùro, le paradis rattrapé par la folie de l’homme.

Ataùro n’est pas dans le radar du tourisme de masse. Bali est à une heure d’avion, et l’attention du monde sur ses eaux souillées a capté l’imagination des terriens. Pourtant, le plastique est partout. Il circule avec les courants et est déposé sur les plages à la faveur des marées. Mais il vient aussi de l’île elle-même, de l’ile principale du Timor oriental et d’Indonésie.

Pourtant reculée, Atauro n’échappe pas à la pollution plastique.

Les dos ploient, la sueur coule le long des bras et des tempes, le rythme est lent. La chaleur n’est pas seulement la cause de ce rythme de sénateur. Nous trouvons des déchets partout sur la plage qui fait face à l’écolodge Barry’s Place dans lequel Blue Venture loge ses volontaires. Seulement 50 mètres de plage parcourus, et 5 grands sacs remplis. Laura sonne le repli, car une autre étape nous attend, le tri.

La marée de plastique est réelle, mais les déchets sont peu visibles dans les récifs.

Blue Ventures effectue ces nettoyages de plage en collaboration avecTangaroa Blue, une ONG australienne qui organise des ramassages de déchets, sensibilise le public à l’abandon du plastique et fait pression auprès des autorités pour les faire avancer sur le sujet.

Concrètement, nous effectuons avec eux le tri des débris collectés. Pas pour faire un tri sélectif, cela n’existe pas sur Ataùro, mais pour faire remonter la nature et la proportion des déchets plastiques ramassés auprès des institutions, des entreprises et des politiques.

Objectif : les informer et les inciter à agir. Parmi les éléments les plus fréquents identifiés lors de ce nettoyage, citons les bouteilles d’eau, les emballages alimentaires, les filets de pêche, les produits cosmétiques (cotons tiges…).

Le plastique ne se décompose pas, il se fragmente.

Vous connaissez sûrement le topo, le plastique est un problème car une fois dans la nature, il met des centaines d’années à se décomposer. Si la marée de plastique sur Ataùro est visible, les gros déchets sont peu visibles dans les récifs de l’ile car des courants les font circuler constamment.

Mais cela ne doit pas nous tromper, les micro-particules sont bien présentes et elles tuent des millions de créatures marines, quand elles ne se retrouvent pas dans notre corps par la consommation de poisson. Cela nous paraît loin dans notre rythme fou du quotidien, mais croyez-moi, lorsque l’on ramasse du plastique à la pelle, cela motive pour faire sa transition écolo ! 🙂

Quand on ramasse soi-même les déchets, cela motive pour évoluer vers le no-plastic.

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